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Salon de l'Agriculture 2026 : Qui sont les jeunes bergers Normands et Ligériens à suivre absolument ?

Par Rédaction 5 min de lecture
Salon de l'Agriculture 2026 : Qui sont les jeunes bergers Normands et Ligériens à suivre absolument ?

Alors que le 62e Salon International de l'Agriculture bat son plein à Paris jusqu'au 1er mars 2026, une effervescence particulière règne dans les allées du concours des Ovinpiades. Cette édition, marquée par l'absence historique des bovins pour cause de crise sanitaire, met plus que jamais en lumière la relève des éleveurs ovins. Focus sur ces jeunes talents de Normandie et des Pays de la Loire qui portent haut les couleurs de leur région et incarnent l'avenir de la filière.

Un salon pas comme les autres

Pour comprendre l'importance de ces jeunes bergers, il faut d'abord planter le décor de cette édition 2026. Pour la première fois de son histoire, le Salon International de l'Agriculture a dû se passer de ses vedettes habituelles : les vaches. En cause, une épidémie de dermatose nodulaire contagieuse qui a frappé le cheptel français en 2025, imposant des restrictions sanitaires strictes .

Conséquence directe : le hall habituellement transformé en "plus grande ferme de France" n'accueille pas les 400 bovins attendus. Mais les concours se poursuivent pour les autres espèces, et les Ovinpiades des Jeunes Bergers prennent cette année une dimension toute particulière. Ils sont 40 finalistes venus de toute la France à s'être affrontés ce samedi 21 février pour décrocher le prestigieux titre de Meilleur Jeune Berger de France .

Les espoirs normands : Gontran et Emma, le duo d'Yvetot

C'est une fierté pour la Seine-Maritime et pour le lycée agricole d'Yvetot. Gontran Dumortier et Emma Dautresire, tous deux élèves dans cet établissement, ont décroché leur ticket pour la finale nationale en remportant les Ovinpiades régionales de Normandie .

Gontran Dumortier : la rigueur et la passion

À quelques heures de la finale, nous avons pu échanger brièvement avec Gontran, dont la détermination force le respect. Pour lui, participer à ce concours, c'est bien plus qu'une compétition scolaire. C'est l'aboutissement d'années de travail et la concrétisation d'une vocation.

Interrogé par nos confrères du CIDJ, il confiait son attachement viscéral au métier, malgré les difficultés que traverse le monde agricole . Fils d'exploitants, il envisage déjà la ferme de demain avec un regard tourné vers l'agriculture biologique, conscient des enjeux environnementaux qui attendent sa génération.

Emma Dautresire : la montagne comme horizon

Emma, sa camarade de promotion, porte elle aussi haut les couleurs de la Normandie. Mais contrairement à Gontran, son avenir ne s'écrira peut-être pas dans les plaines de Seine-Maritime. En terminale STAV (Sciences et Technologies de l'Agronomie et du Vivant), elle confiait récemment son rêve : "Je me vois bien à la montagne, avec mes brebis en alpage, pour participer à la transhumance" .

Un projet qui montre à quel point la jeune génération d'agriculteurs est mobile et prête à s'installer là où sa passion l'appelle, loin des schémas traditionnels de la reprise familiale.

Les championnes des Pays de la Loire : Maïwenn et Quentin, l'excellence ligérienne

C'est lors de la 21e édition des Ovinpiades des jeunes bergers des Pays de la Loire, organisée le 11 décembre 2025 à l'Agricampus de Laval, que les représentants de la région ont été désignés . Ce jour-là, 27 jeunes issus de quatre établissements (CFA Nature de La Roche-sur-Yon, Campus de Pouillé, lycée Briacé et Agricampus de Laval) se sont affrontés sur des épreuves exigeantes.

Maïwenn Berard : la technicité made in Mayenne

Maïwenn Berard, étudiante en 1ʳᵉ année de BTSA "Métiers de l'élevage" à Laval, a impressionné le jury composé de 14 éleveurs et conseillers ovins . Pour décrocher sa place pour la finale nationale, elle a dû démontrer ses compétences dans des exercices très concrets : tri des brebis, parage des onglons, pose de clôture mobile, ou encore évaluation de l'état corporel et sanitaire des animaux.

Autant de gestes techniques qui sont le quotidien d'un éleveur et qui nécessitent à la fois précision, rapidité et un œil aguerri. Sa présence à Paris est la reconnaissance d'un savoir-faire déjà solide, alors qu'elle n'est qu'en début de cycle BTS.

Quentin Terrien : la spécialisation récompensée

Aux côtés de Maïwenn, Quentin Terrien porte également les espoirs de la région. Élève en Certificat de Spécialisation (CS) "Ovins" à La Roche-sur-Yon, il incarne cette génération qui choisit de se spécialiser pour répondre aux besoins d'une filière en quête de renouvellement .

La filière ovine française a un besoin crucial de jeunes comme Quentin : avec près de 500 départs en retraite chaque année et un objectif national de production d'un million d'agneaux supplémentaires par an pour réduire la dépendance aux importations (qui représentent actuellement 56 % de la consommation), la formation de techniciens pointus est un enjeu stratégique .

Les épreuves : le quotidien du berger mis à l'épreuve

Pour mesurer l'exploit de ces jeunes, il faut comprendre ce qui les attendait lors de la finale nationale. Le concours des Ovinpiades ne se contente pas de tester des connaissances théoriques. Il plonge les candidats dans des situations concrètes inspirées directement du métier d'éleveur .

Au programme :

  • Le tri électronique : manipuler rapidement et efficacement les animaux

  • L'évaluation sanitaire et corporelle : savoir détecter une brebis malade ou en mauvaise condition

  • Le parage des onglons : un geste essentiel pour la santé et le bien-être animal

  • Le choix du bélier : lecture d'un certificat d'origine et de qualification pour assurer la génétique du troupeau

  • La pose de clôture mobile : une compétence de base pour la gestion des pâturages

Autant d'épreuves qui requièrent un savant mélange de rigueur, d'observation et de passion pour le vivant.

Pourquoi ces jeunes sont-ils si importants pour l'avenir ?

Au-delà de la compétition, ce qui se joue dans ces Ovinpiades, c'est la transmission d'un métier et d'une passion. Le contexte est préoccupant : entre 2000 et 2020, le nombre de fermes françaises a chuté de près de 40 %, passant de 698 535 à 416 436, et la tendance s'est poursuivie depuis .

Pourtant, comme le soulignait récemment une enquête de France 3 Normandie, "pour trois agriculteurs qui partent, c'est un jeune qui s'installe", et parmi ces repreneurs, un tiers n'est pas issu du milieu agricole . Ces nouveaux visages arrivent avec leurs utopies, leurs méthodes, et bousculent un milieu déjà en pleine réflexion sur le bien-être animal, les contraintes climatiques et l'usage des nouvelles technologies.

Les jeunes bergers que nous suivons cette semaine à Paris incarnent cette diversité. Certains sont enfants d'agriculteurs, d'autres non. Mais tous partagent une même flamme, celle qui fait dire à Emma, la Normande : "Fonder une famille autour de la ferme, c'est ce qui m'anime !" .

Comment les soutenir et les rencontrer ?

Si vous êtes de passage au Salon avant le 1er mars, direction le Hall 7.2 pour le Pavillon Normandie et les espaces dédiés aux différentes régions . Les finalistes des Ovinpiades sont présents tout au long de la semaine, et c'est une occasion unique d'échanger avec eux, de comprendre leur quotidien et de partager un moment de convivialité autour des produits de leur terroir.

Pour ceux qui ne pourront pas faire le déplacement à Paris, sachez que ces jeunes seront de retour dans leurs lycées respectifs dès la semaine prochaine, prêts à partager leur expérience avec leurs camarades et à inspirer d'autres vocations.

Le résultat de la finale des Ovinpiades 2026 sera connu dans les prochains jours. Quoi qu'il arrive, Gontran, Emma, Maïwenn et Quentin ont déjà gagné quelque chose d'essentiel : la reconnaissance d'une filière qui croit en eux et en l'avenir de l'élevage ovin français.


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